Le cannabis et le cancer : du mythe à la réalité

Le cannabis et le cancer : du mythe à la réalité

Le cannabis et le cancer : du mythe à la réalité par herb.co : Le cannabis comme traitement contre le cancer est un sujet hautement polémique. Il y a une grande marge entre l’excitation pour la recherche prometteuse existante et la spéculation imprudente sur le mot Cure. La vérité sur les propriétés du cannabis pour le cancer se situe quelque part entre les affirmations des partisans acharnés et l’intransigeance des sceptiques : bien que le cannabis n’a pas prouvé être curatif pour le cancer, il existe des preuves pour soutenir son efficacité à traiter certains types de cancer.

La recherche sur le cannabis comme traitement anticancéreux a commencé en 1975, quand Albert E. Munson, chercheur et professeur de pharmacologie et de toxicologie à la Virginia Commonwealth University, a fait une découverte primordiale. Dans une expérience sur des souris, Munson a découvert que l’administration de certains cannabinoïdes, comme le THC, inhibait la croissance d’un certain type de cellules tumorales malignes dans les poumons, connu sous le nom de carcinome pulmonaire de Lewis. C’était une découverte incroyable, qui méritait d’être approfondie plus tard, cette fois avec des essais cliniques bien contrôlés impliquant des humains. Mais c’était aussi une découverte faite quelques années après que l’ancien président Richard Nixon ait annoncé la «guerre contre la drogue» du gouvernement américain. Et ce n’est que quelques décennies plus tard que la recherche sur les propriétés du cannabis à moduler la croissance des cellules cancéreuses a commencé sérieusement. La plupart de ces recherches proviennent d’autres parties du globe que les USA.

En 2000, une étude de l’Université Complutense en Espagne a démontré que l’administration de THC chez les rats et les souris «induisait une régression considérable des gliomes malins», un type de tumeur cancéreuse qui se produit dans le cerveau et la moelle épinière. Avec la découverte de ce que l’étude a appelé «l’action anti-tumorale des cannabinoïdes», les auteurs ont spéculé que les cannabinoïdes pourraient être une nouvelle approche thérapeutique pour traiter – pas tous – mais ce type spécifique de cancer.

L’année suivante, ces chercheurs ont mené une autre étude avec des souris sur l’effet thérapeutique des cannabinoïdes sur les gliomes pour voir si les résultats de leur première étude seraient soutenus par d’autres recherches. Leur deuxième étude produisit les mêmes résultats prometteurs.

Le cannabis et le cancer : du mythe à la réalité
Un employé inspecte des plants de cannabis en croissance dans une serre exploitée par Breath of Life (BOL), à Kfar Pines, en Israël, le mercredi 21 septembre 2016. Breath of Life est l’une des huit entreprises autorisées à positionner Israël comme plaque tournante mondiale pour la recherche sur le cannabis médical. Photographe: Rina Castelnuovo / Bloomberg via Getty Images

Ces recherches n’étaient pas isolés. Une autre étude menée en 2000 par l’Institut de chimie des molécules d’intérêt biologique en Italie a révélé que les cannabinoïdes inhibaient la croissance des cellules cancéreuses du sein et de la prostate.

Puis, dans une étude réalisée en 2003 sur des souris, le centre de recherche sur l’énergie, l’environnement et la technologie à Madrid, en Espagne, a pu prouvé que les cannabinoïdes pourraient également être utilisés dans le traitement du cancer de la peau. Une étude de 2006 de l’Université Complutense a corroboré ces résultats. Cette deuxième étude a montré que l’activation des récepteurs CB1 et CB2 des souris, qui peut être accomplie en consommant des cannabinoïdes comme le THC, a réduit la croissance du mélanome, une tumeur généralement associée au cancer de la peau.

La recherche sur les propriétés du cannabis à traiter différents types de cancer a continué ainsi, au cours des années suivantes. Ces études ont trouvé des résultats prometteurs pour l’effet du cannabis sur tous les types de cancer, du cancer du sein au cancer du côlon en passant par le cancer du cerveau.

Mais il y a un élément recurent dans toutes ces recherches: ” Le THC – la molécule psychoactive du cannabis – est un composé anticancéreux chez la souris ainsi que le cannabidiol (CBD) – le composé non psychoactif – explique Raphaël Mechoulam, professeur de chimie médicinale à l’Université hébraïque de Jérusalem en Israël. “Mais ces données doivent être confirmées chez les patients avec des essais cliniques.”

En d’autres termes, malgré toutes les données prometteuses sur la capacité du cannabis à traiter le cancer chez la souris, pratiquement aucun essai bien conçu sur l’effet du cannabis sur le cancer n’a été fait sur les humains.

“Est-ce que je recommande le cannabis comme médicament anticancéreux? Franchement, je ne sais pas. Dans de nombreux cas individuels, le THC et l’huile riche en CBD semblent fonctionner, mais jusqu’à ce que nous obtenions de solides data cliniques, il y aura toujours un grand et gros point d’interrogation », explique Mechoulam.

Comme l’explique le Dr Sunil Kumar Aggarwal, chercheur spécialisé dans le cannabis et le cancer, à Herb: «Il est horriblement difficile de mener des recherches sur le cancer. Vous devez avoir beaucoup d’argent et beaucoup d’autorisations. Et tout ça, c’est difficile à trouver et obtenir. C’est le problème de la recherche clinique sur les cannabinoïds ”

Aggarwal a siégé au comité consultatif de rédaction qui, à partir de janvier 2016, a fait des révisions sur le site Web du National Cancer Institute des États-Unis pour inclure le cannabis comme traitement pour les personnes atteintes de cancer. La page du National Cancer Institute sur le cannabis médical traite principalement de la capacité du cannabis à traiter les symptômes du cancer (perte d’appétit, insomnie et nausée), mais aussi des études démontrant le potentiel des cannabinoïdes à inhiber la croissance des cellules cancéreuses.

Aggarwal indique que l’un des principaux obstacles à la recherche sur le cancer est la simple stigmatisation entourant le cannabis. Une partie de cette stigmatisation, dit-il, provient d’une culture populaire qui a longtemps peint les partisans de la marijuana comme étant paresseux, stupide et non crédible. En grande partie créé par la campagne longue et bien documentée du gouvernement américain pour dépeindre les partisans de la marijuana comme des criminels et des fous. Certains obstacles proviennent des personnes au sein de la communauté du cannabis, où les faits mêlés à l’imaginaire et aux croyances conspiratrices sur les propriétés panacées de la plante sont échangés avec ferveur.

“Mais la stigmatisation est aussi structurelle”, dit Aggarwal, faisant référence à tous les obstacles à l’obtention des approbations gouvernementales nécessaires aux États-Unis pour étudier le cannabis.

Pour étudier le cannabis aux États-Unis, les chercheurs doivent franchir plusieurs obstacles bureaucratiques. Quand ils obtiennent finalement toutes les autorisations nécessaires, ils peuvent seulement étudier le cannabis fourni par une ferme gérée par le gouvernement dans le Mississippi connue pour sa récolte de mauvaise qualité.

Le cannabis et le cancer : du mythe à la réalité
Un employé inspecte des plants de cannabis en croissance dans une serre exploitée par Breath of Life (BOL), à Kfar Pines, en Israël, le mercredi 21 septembre 2016. Breath of Life est l’une des huit entreprises autorisées à positionner Israël comme plaque tournante mondiale pour la recherche sur le cannabis médical. (Photo par Rina Castelnuovo / Bloomberg / Getty Images)

C’est pourquoi de nombreuses études existantes sur l’effet du cannabis sur les cellules cancéreuses ont été menées dans d’autres parties du monde, comme l’Espagne et Israël. Mais les autres pays ne sont pas toujours libres de rompre avec la position intransigeante du gouvernement américain sur le cannabis.

Les États-Unis ont longtemps influencé les lois internationales sur la drogue, poussant d’autres pays à adopter des politiques aussi strictes sur la marijuana et d’autres drogues. L’influence des États-Unis sur les lois antidrogues d’autres pays a même été ressentie récemment en Israël – un pays largement considéré comme pionier dans la recherche sur la marijuana – lorsqu’un simple appel téléphonique du président Trump a persuadé le Premier ministre Netanyahu de suspendre les exportations israéliennes de cannabis. Pourtant cela aurait grandement facilité la tâche des chercheurs américains.

Pourtant, Aggarwal croit qu’il y a des raisons d’être optimiste. Il souligne une étude de 2017 qui, selon lui, ouvrira la voie à de futures recherches sur l’effet du cannabis sur les humains atteints de cancer. Cette étude randomisée en double aveugle et contrôlée par placebo – la référence des essais dans la communauté médicale – a examiné les effets d’un médicament oral à base de cannabis (contenant du THC et du CBD) parallèlement à la consommation de Témozolomide (un médicament de chimiothérapie orale), chez les patients atteints de glioblastome multiforme (GBM) récurrent, un type de cancer du cerveau.

L’étude a révélé que 83% des patients en phase terminale prenant le médicament à base de cannabis vivaient pendant un an, comparativement à 44% du groupe placebo. «Ils appellent cela l’étude de preuve de concept, qui a vraiment aidé à montrer pour la première fois dans un essai clinique bien contrôlé que l’ajout d’un extrait de cannabis permettait aux gens de vivre plus longtemps avec un cancer terminal du cerveau», explique Aggarwal. “Cela a été très long à venir.”

Bien que cette étude ne démontre certainement pas que le cannabis soit le «remède» que certains espéreraient, ces résultats donnent aux promoteurs du cannabis médical une raison d’être optimiste. Le cannabis a été utilisé pendant des années pour traiter avec succès les symptômes des patients atteints de cancer, tels que les nausées, les vomissements et la douleur. Et maintenant, il semble plausible que le cannabis puisse être utilisé pour ralentir la progression de certains types de cancers aussi.

Au moins, c’est ce que suggéreraient les preuves. Mais malheureusement, tant que la recherche sur le cannabis est laborieusement difficile à mener, une réponse concrète sur les effets du cannabis sur les cellules cancéreuses humaines restera juste: une collection de preuves convaincantes, toujours suggérant, mais ne confirmant jamais la promesse.

Auteur : Rob Hoffman

Source : https://herb.co/marijuana/news/cannabis-cancer-treatment-research

Traduction : w

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